Nouvelle loi cible les minorités ethniques

L'organe législatif suprême de la Chine, l'Assemblée populaire nationale, a approuvé le 12 mars une nouvelle loi intitulée Promotion de l'unité et du développement ethniques. La législation vise à renforcer le sentiment d'identité commune parmi tous les groupes ethniques au sein de la nation chinoise et confie la responsabilité d'atteindre cet objectif aux organisations publiques, aux entreprises commerciales et aux forces armées du pays.
La loi exige spécifiquement de donner la priorité au mandarin dans les espaces publics où la langue officielle et les langues minoritaires sont utilisées ensemble. Les défenseurs des droits de l'homme soulignent que la Chine abrite 55 minorités ethniques, dont beaucoup conservent leurs propres langues et dialectes. Dans des régions comme le Tibet et la Mongolie intérieure, où les minorités ethniques sont concentrées, l'utilisation du chinois dans l'éducation scolaire a déjà été rendue obligatoire.
L'AFP cite Erica Nguyen, militante du PEN Club américain, qui accuse le gouvernement de Pékin de tenter de rompre les liens des enfants avec leur propre histoire et leur culture. Les groupes de défense des droits s'inquiètent particulièrement du fait que la nouvelle loi intensifiera la pression sur les Ouïghours musulmans. Pékin a été accusé à plusieurs reprises par les Nations unies et d'autres organismes internationaux de violer les droits de ce groupe ethnique minoritaire.
La portée de la loi s'étend au-delà des frontières de la Chine. Elle appelle à renforcer les liens avec les communautés chinoises d'outre-mer tout en prévoyant une responsabilité juridique pour les personnes à l'extérieur du pays qui participent à des activités portant atteinte à l'unité ethnique de la nation ou promouvant le séparatisme ethnique.
La législation sur l'unité ethnique a été adoptée le dernier jour des sessions annuelles des Deux Sessions, qui comprennent les réunions de l'Assemblée populaire nationale et de la Conférence consultative politique du peuple chinois, un organe consultatif auprès de la direction chinoise. Ces événements sont considérés comme des indicateurs importants des orientations futures de la politique chinoise.
Les Deux Sessions de cette année ont coïncidé avec le début de la mise en œuvre du 15e Plan quinquennal, qui sert de feuille de route pour le développement économique et politique du pays de 2026 à 2030. Le Premier ministre Li Qiang a fixé l'objectif de croissance du PIB pour l'année en cours entre 4,5 et 5 pour cent, le plus bas indicateur depuis 1991. Les observateurs y voient un changement significatif après des décennies d'expansion rapide qui ont positionné la Chine comme un moteur principal de la croissance économique mondiale.
L'intelligence artificielle est au centre du nouveau plan quinquennal. La direction chinoise la considère comme un outil essentiel pour le développement national dans un contexte de concurrence avec les États-Unis. En mettant l'accent sur les hautes technologies, le gouvernement vise à réorienter l'économie vers une croissance basée sur la consommation intérieure. En politique étrangère, Pékin semble tracer une voie pour améliorer les relations avec l'Union européenne et les États-Unis, même si les tensions avec le Japon s'intensifient sur la question de Taïwan.
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