La Roumanie reconnaît le féminicide comme un crime distinct par la loi

Photo : Romania Journal
Un tournant important a été franchi en Roumanie dans la lutte contre les violences faites aux femmes. Le président du pays, Nicușor Dan, a signé la loi contre le féminicide, qui est ainsi entrée officiellement en vigueur.
Désormais, les meurtres commis intentionnellement contre des femmes sont reconnus comme une forme distincte de violence fondée sur le genre.
Jusqu’à présent, ce type de crime était examiné dans le cadre de la qualification générale d’homicide. La nouvelle loi durcit toutefois les peines et prévoit une peine de prison de 15 à 25 ans, ou la réclusion criminelle à perpétuité.
Dans sa déclaration, le président a souligné la gravité particulière du problème : il a relevé que les violences faites aux femmes figurent parmi les situations les plus graves et les plus humiliantes de la société, et que ce problème est resté insuffisamment pris en compte pendant de longues années.
Les initiateurs du texte ont étayé leur position par des chiffres précis. Au cours des 8 premiers mois de 2025, 33 homicides liés aux violences domestiques ont été enregistrés dans le pays, dont 69 % avaient pour victimes des femmes.
Autrement dit, en moyenne, trois femmes perdent la vie chaque mois.
Le projet de loi a été déposé au Parlement en octobre 2025 et soutenu par plus de 270 députés. Selon les défenseurs des droits humains, la définition distincte du terme « féminicide » permettra aux forces de l’ordre d’intervenir plus tôt, avant même la commission du crime.
Ainsi, la Roumanie a rejoint la Croatie, l’Italie, la Belgique, Chypre et Malte parmi les pays européens ayant reconnu le féminicide au niveau législatif.
En bref, cette loi n’est pas seulement une évolution juridique — c’est un signal envoyé à la société : la violence contre les femmes n’est désormais plus une « situation ordinaire », mais un crime grave passible de sanctions sévères.