Quels jeux politiques se cachent derrière la démission de Tashiev au Kirghizistan?

Ces derniers jours au Kirghizistan ont été marqués par une décision qui a provoqué un véritable séisme sur la scène politique: le limogeage inattendu de Kamchibek Tashiev de son poste a suscité de nombreuses interrogations et spéculations. En effet, il était considéré non seulement comme le chef d'une agence, mais aussi comme une figure influente au sein des services de sécurité de l'État.
Selon certaines sources, un décret signé le 10 février par Sadyr Japarov a mis fin prématurément aux fonctions de Tashiev en tant que vice-président du Cabinet des ministres et président du Comité d'État pour la sécurité nationale. Suite à cette décision, des informations ont également circulé concernant le remplacement de plusieurs responsables au sein du système des comités, ce qui laisse entrevoir des enjeux bien plus importants qu'un simple remaniement de personnel.
Le plus troublant: dans la version officielle, cette décision est justifiée par des arguments tels que «prévenir les divisions au sein de la société, mais au contraire, renforcer l'unité». Or, en politique, il est rare de voir une explication aussi simple et claire, surtout dans le domaine de la sécurité.
Les analystes d'Asie centrale associent cet événement à une recentralisation accrue du système de sécurité. Par exemple, une restructuration complète de l'architecture sécuritaire – séparation de certains services, création de nouvelles structures directement subordonnées au président, remplacement de personnalités influentes – crée un tableau proche de la notion de «crise de confiance». Autrement dit, cela est perçu comme un signal d'alarme: la composante la plus sensible du gouvernement, l'élite sécuritaire, ne doit pas devenir trop indépendante.
Dans ce contexte, l'idée principale, selon le politologue Otabek Akromov, est la suivante: les soupçons de voir l'élite sécuritaire mener ses propres manœuvres par des voies politiques parallèles peuvent constituer une menace stratégique pour le président. Il ne s'agit pas ici d'une question de personne, mais de mécanismes: entre les mains desquels le système se trouvera davantage concentré.
Un autre point sensible est la question du mandat présidentiel. Selon l'analyse, toute discussion publique sur cette question après les réformes constitutionnelles de 2021 pourrait être un facteur d'instabilité pour le régime. C’est pourquoi certains estiment que les autorités tentent de contrôler par avance tout centre d’influence susceptible de leur échapper.
Bien sûr, tout cela n’est que spéculation et interprétation. Le document officiel confirme le même fait: le mandat de Tashiev a pris fin prématurément. La suite est un classique de la politique: après des décisions majeures, les questions se multiplient et les réponses tardent généralement à venir.
Une chose est sûre: l’évolution de la situation concernant le système de sécurité au Kirghizistan est devenue l’un des plus grands enjeux politiques de notre époque. Désormais, la question centrale est celle des prochaines étapes: comment un nouvel équilibre sera-t-il instauré au sein du système? Cela mènera-t-il réellement à ce que l’on appelle l’«unité» ou inaugurera-t-il une nouvelle ère de compétition?
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