Des bourses inférieures au seuil de pauvreté : est-ce contraire à la loi ?

En Ouzbékistan, le montant des bourses d'études pour les étudiants, qui ne parvient pas à atteindre le seuil de pauvreté, suscite de vifs débats au sein de l'opinion publique. Selon les données officielles, alors que les dépenses de consommation minimales s'élèvent actuellement à 715 000 soums, la bourse de base est inférieure de près de 26 % à cet indicateur.
Cette question a été clarifiée lors d'une conférence de presse tenue au ministère de l'Enseignement supérieur, des Sciences et de l'Innovation. Il a été précisé que la bourse de base s'élève à environ 569 870 soums, avec des suppléments accordés aux étudiants ayant obtenu d'excellentes notes. Parallèlement, les responsables ont indiqué qu'une proposition visant à augmenter les bourses de plus de 30 % en 2025 avait été avancée, bien qu'aucun résultat concret n'ait été enregistré pour le moment.

Les experts abordent toutefois cette question sous un angle différent. Selon les économistes, la bourse ne doit pas être considérée comme un simple paiement, mais comme une aide sociale. En effet, la Constitution stipule que le montant des prestations sociales ne peut être inférieur aux dépenses de consommation minimales.
De ce point de vue, la conformité du montant actuel de la bourse avec les exigences légales reste une question ouverte. Il est notamment souligné que pour les étudiants boursiers de l'État (sur budget), ces fonds sont insuffisants pour couvrir les besoins quotidiens.
Un autre point de discorde réside dans l'indexation de la bourse sur le montant des frais de scolarité (contrat). Si les autorités justifient cela par les capacités financières des établissements d'enseignement supérieur, les analystes jugent cette approche illogique. Étant donné que les étudiants bénéficiant d'une subvention d'État ne paient pas de frais de scolarité, il n'apparaît pas pertinent de lier la bourse à ces derniers.
Par ailleurs, il a été rapporté que certaines universités du pays font face à des difficultés financières. L'intensification de la concurrence et la diminution du nombre de « super-contrats » affectent les revenus des établissements.
Dans le même temps, il est prévu d'allouer des fonds supplémentaires dans le cadre du budget de l'État 2026 pour augmenter les bourses, les pensions et les allocations. Toutefois, l'ampleur exacte de l'augmentation des bourses étudiantes n'a pas encore été divulguée.
Selon les experts, si les bourses sont considérées comme une aide sociale, il est impératif de les porter au moins au niveau du seuil de pauvreté. Dans le cas contraire, cette question risque de demeurer longtemps au cœur du débat public.