Comment les algorithmes de la Big Tech manipulent la conscience humaine : résultats d'une nouvelle étude

Comment les algorithmes de la Big Tech manipulent la conscience humaine : résultats d'une nouvelle étude

Les géants technologiques modernes ne se contentent pas de collecter des données sur les utilisateurs, ils façonnent également de manière imperceptible leur vision du monde et leurs processus de prise de décision. Une nouvelle étude menée par Björn Beynon, chercheur en médias à l'Université d'Amsterdam, a révélé à quel point les entreprises de la Big Tech influencent la perception que l'individu a de lui-même. C'est ce qu'indique le site Ixbt.com.

Selon l'étude, les écosystèmes créés par des entreprises telles que Google, Meta, Microsoft, Amazon et Apple prédisent le comportement des utilisateurs en utilisant des données issues des requêtes de recherche, des achats et des vidéos visionnées. Cependant, ce processus ne se limite pas à la simple prédiction ; il influence directement les choix de l'individu en déterminant quelles actualités il lit, quelle publicité attire son attention et quelles notifications il reçoit.

Beynon introduit dans son travail le concept de « sujet de données ». Il s'agit de l'humain moderne qui, tout en transformant sa vie en un ensemble d'indicateurs numériques et en s'habituant à réagir aux signaux des plateformes, se considère toujours comme pleinement indépendant. Avec le temps, les profils algorithmiques commencent à être perçus comme la personnalité réelle de l'individu, définissant ses opportunités futures et les limites de sa réception de l'information.

Méthodes de contrôle via l'environnement numérique

L'influence des plateformes s'exerce généralement de manière très subtile. Les smartphones, les montres connectées et les enceintes intelligentes ne donnent pas d'ordres directs à l'utilisateur. Au lieu de cela, ils orientent l'individu vers une action spécifique via le design de l'interface et des recommandations « pratiques ». Cela témoigne d'un changement dans le mécanisme du pouvoir au sein de la société numérique : le contrôle ne s'effectue plus par des interdictions, mais par la modification de l'environnement numérique où les décisions sont prises.

Pour confirmer ses conclusions, le chercheur a mené pendant un an des études de terrain auprès de divers groupes, notamment des partisans de théories du complot aux Pays-Bas et des utilisateurs de réseaux décentralisés comme le Fediverse. Il s'avère que l'environnement informationnel personnalisé renforce les convictions existantes de l'individu, entraînant la formation de différentes « vérités » divergentes au sein de la société.

L'étude souligne que la question de la confidentialité n'est qu'une partie du problème. Le problème central réside dans la manière dont l'infrastructure numérique transforme la société, la participation politique et les relations quotidiennes. Le fait qu'une grande partie de notre vie se déroule au sein de plateformes appartenant à quelques entreprises place les questions technologiques au même rang que les questions de démocratie et d'autonomie personnelle.

Parallèlement, l'étude a montré l'existence de voies alternatives. Des communautés comme le Fediverse expérimentent des plateformes qui privilégient la transparence et la gouvernance collective plutôt que la collecte de données utilisateurs et les revenus publicitaires. Cela signifie qu'il est possible de créer, à l'avenir, un environnement numérique exempt de l'influence de la Big Tech.

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