Poutine fait une prévision radicale sur l'ouest de l'Ukraine

Le président russe Vladimir Poutine a déclaré que tôt ou tard, l'Ukraine perdrait ses régions occidentales. Mentionnant les frontières historiques liées à la Pologne, à la Hongrie et à la Roumanie, il a qualifié la Russie de « seule garante » de l'intégrité territoriale de l'Ukraine.
Cependant, il ne s'agit pas d'un scénario avéré, mais d'une prévision politique de Poutine. Le droit international et la position de l'ONU soutiennent la souveraineté de l'Ukraine et ses frontières internationalement reconnues.
Qu'a dit Poutine ?
Cette déclaration a été prononcée le 26 juillet à Saint-Pétersbourg lors d'une réunion avec des militaires de la Marine russe.
Poutine a rappelé que certaines régions de l'ouest de l'Ukraine avaient été intégrées à la République socialiste soviétique d'Ukraine après la Seconde Guerre mondiale.
« Je suis convaincu que tôt ou tard, l'Ukraine perdra ces terres occidentales. Les territoires appartenant à la Pologne, à la Hongrie et à la Roumanie retrouveront historiquement leur place », a-t-il affirmé.
Le président russe a indiqué que ce processus pourrait ne pas se produire dans l'immédiat, mais dans un, deux, dix ou quinze ans. Cependant, il n'a pas expliqué par quel mécanisme juridique ou politique un tel changement territorial pourrait se produire.
Il a comparé les dirigeants ukrainiens à des « araignées dans un bocal »
Affirmant l'existence de graves désaccords au sein du gouvernement ukrainien, Poutine a comparé les dirigeants du pays à des politiciens « se disputant comme des araignées dans un bocal ».
Il a accusé les fonctionnaires ukrainiens de se disputer les fonds reçus du peuple et des partenaires occidentaux. Aucun document ou preuve spécifique confirmant ces accusations n'a été présenté lors de la réunion.
Ces propos vont bien au-delà d'une simple critique des conflits politiques internes en Ukraine. Par cette rhétorique, Poutine a poursuivi sa stratégie visant à remettre en cause la stabilité de l'État ukrainien.
Que vaut la revendication historique sur l'Ukraine occidentale ?
L'histoire des régions évoquées par Poutine est certes complexe. Mais les qualifier toutes de simple « cadeau de Staline à l'Ukraine » simplifie à l'excès le processus historique.
À la veille et après la Seconde Guerre mondiale :
une grande partie de la Galicie et de la Volhynie faisait partie de la Pologne ;
la Bucovine du Nord appartenait à la Roumanie ;
la Transcarpatie faisait partie de la Tchécoslovaquie entre les deux guerres ;
ces territoires ont été rattachés à l'Union soviétique entre 1939 et 1945, puis incorporés à la RSS d'Ukraine.
La frontière orientale de la Pologne a été déplacée vers l'ouest et Varsovie a reçu en échange des terres des anciens territoires orientaux de l'Allemagne. Ces changements n'étaient pas seulement le fruit de la décision personnelle de Staline, mais le résultat de la guerre, de l'invasion soviétique et des accords internationaux de Yalta et Potsdam.
La Pologne, la Hongrie et la Roumanie revendiquent-elles des terres ?
La déclaration de Poutine n'a apporté aucun document ou décision officielle précise indiquant que ces pays prévoient de récupérer les territoires ukrainiens.
Aucun projet officiel général de Varsovie, Budapest ou Bucarest visant à modifier par la force les frontières de l'ukrainiennes n'a été publié. Par conséquent, il est plus judicieux de considérer les propos de Poutine comme une spéculation politique d'avenir plutôt que comme un accord territorial existant.
De telles déclarations peuvent susciter la méfiance entre l'Ukraine et ses pays voisins et ramener des conflits historiques à l'ordre du jour politique.
Que dit le droit international ?
L'ONU a souligné à plusieurs reprises son soutien à l'indépendance, à la souveraineté et à l'intégrité territoriale de l'Ukraine dans le cadre de ses frontières internationalement reconnues.
Selon le droit international, l'acquisition de territoires d'un État par le recours à la force ou à la menace de la force n'est pas reconnue comme légale. La modification des frontières ukrainiennes ne peut également se faire que par un processus légal, pacifique et fondé sur le consentement des parties.
C'est pourquoi le simple fait qu'un territoire ait appartenu à un État par le passé ne confère pas automatiquement le droit de le récupérer aujourd'hui. Sinon, il faudrait redessiner la moitié de la carte du monde — l'histoire étant à cet égard plutôt prolifique.
Poutine a affirmé que la Russie n'avait pas déclenché la guerre
Le président russe a de nouveau affirmé lors de la réunion que Moscou n'avait pas commencé la guerre, mais qu'elle avait répondu aux actions initiées par Kyiv et l'Occident.
Cependant, l'ONU et une grande partie de la communauté internationale ont qualifié l'invasion à grande échelle des troupes russes sur le territoire ukrainien le 24 février 2022 d'agression et de violation de la souveraineté ukrainienne. L'Assemblée générale des ONU a exigé de la Russie qu'elle retire ses troupes du territoire internationalement reconnu de l'Ukraine.
Par conséquent, l'idée selon laquelle « la Russie n'a pas déclenché la guerre » relève de l'interprétation officielle du Kremlin et ne correspond pas à l'évaluation juridique et politique de l'ONU.
Pourquoi cette déclaration est-elle importante ?
Les propos de Poutine montrent que les dirigeants russes envisagent la question ukrainienne non seulement du point de vue du front et des négociations, mais aussi sous l'angle des futures frontières du pays.
Cette déclaration pourrait servir simultanément trois objectifs :
affaiblir la confiance dans l'État ukrainien ;
susciter des doutes entre Kyiv et ses voisins occidentaux ;
présenter la guerre comme un processus de « réorganisation » des territoires historiques.
Cependant, il n'existe actuellement aucune décision juridique, accord international ou plan validé indiquant qu'il est inévitable que l'Ukraine perde ses régions occidentales.
Conclusion principale
Poutine a affirmé que l'Ukraine perdrait tôt ou tard ses régions occidentales, mais il ne s'agit pas d'une réalité, mais d'une prévision politique du président russe.
Il est vrai que les frontières historiques ont changé à plusieurs reprises. Mais l'ordre international actuel repose sur les frontières reconnues des États et leur intégrité territoriale. C'est pourquoi la seule mémoire historique ne suffit pas pour parler du transfert des territoires ukrainiens à la Pologne, à la Hongrie ou à la Roumanie.
Pensez-vous que cette déclaration de Poutine soit un avertissement sur un scénario réel ou un signal politique visant à semer la méfiance entre l'Ukraine et les pays voisins ?


















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