Le « hub gazier » proposé par Poutine a-t-il échoué ? La Turquie impose ses conditions à la Russie

Le « hub gazier » proposé par Poutine a-t-il échoué ? La Turquie impose ses conditions à la Russie

La Turquie a l'intention de réduire le volume de gaz naturel acheté à la Russie pour se tourner vers des sources d'approvisionnement alternatives moins chères. Si Moscou ne revoit pas sa politique tarifaire et n'offre pas de réduction, Ankara réduira davantage ses achats.

Cette déclaration ferme a été faite par le ministre turc de l'Énergie et des Ressources naturelles, Alparslan Bayraktar, lors d'une conférence à Istanbul.

« Ce n'est pas une question de politique, mais de prix » : la position ferme de la Turquie

Le ministre de l'Énergie a expliqué la position d'Ankara de manière transparente et chiffrée :

  • Pourquoi choisir le gaz américain ? « La raison pour laquelle nous achetons moins de gaz à la Russie et plus aux États-Unis est très simple : il n'y a aucune politique ici, tout est une question de prix. Le gaz russe est excessivement cher », a souligné Bayraktar.

  • Pas d'abandon total, mais une recherche d'alternatives : Ankara ne souhaite pas renoncer totalement au gaz russe, mais continuera de choisir les offres les plus avantageuses et abordables conformément aux règles du marché.

  • 14 sources d'importation : Le ministre a souligné que la Turquie ne permettrait pas de monopole énergétique ; le pays importe actuellement du gaz via 14 voies différentes (incluant les gazoducs depuis la Russie, l'Azerbaïdjan et l'Iran, ainsi que des terminaux de GNL).

Qu'est-il advenu du projet de « hub gazier turc » de Poutine ?

En 2022, le président russe Vladimir Poutine avait proposé de créer un grand hub gazier sur le territoire turc pour remplacer les gazoducs « Nord Stream » sabotés.

  • Le plan d'Ankara : La Turquie a soutenu cette idée, proposant de transformer le hub en une plateforme indépendante vendant non seulement le gaz russe, mais aussi celui de tous les pays voisins vers l'Europe.

  • La froideur de Gazprom : Selon Bloomberg, le monopole russe Gazprom a récemment perdu tout intérêt pour le hub gazier en Turquie, et le projet n'est même plus discuté au sein de l'entreprise.

La condition imposée par Ankara sur les prix montre que la position de la Russie s'affaiblit sur l'un de ses marchés les plus grands et les plus importants.

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