Le risque de crédit d’Oracle atteint son plus haut niveau en 18 ans

Le risque de crédit d’Oracle atteint son plus haut niveau en 18 ans

Dans un contexte d’investissements massifs destinés à développer l’infrastructure d’intelligence artificielle, le coût de l’assurance contre le défaut d’Oracle a atteint son plus haut niveau depuis près de dix-huit ans. Selon ixbt.com, le coût des swaps sur défaillance de crédit (CDS) à cinq ans de l’entreprise a augmenté en juillet jusqu’à environ 2,03 points de pourcentage. Cette évolution est intervenue après que l’agence S&P Global Ratings a abaissé la note d’émetteur à long terme de la société, de BBB à BBB-. Ixbt.com rapporte ces faits.

Cette dégradation ne laisse la note qu’à un seul cran au-dessus du niveau spéculatif. Parallèlement, S&P a abaissé la note à court terme d’Oracle de A-2 à A-3, tout en conservant une perspective stable pour l’entreprise. Les experts soulignent que la hausse des CDS ne signifie pas qu’un défaut est imminent, mais qu’elle montre que les investisseurs commencent à exiger une compensation plus élevée pour le risque lié à la détention de la dette de l’entreprise.

Résultats financiers et contrats massifs

La réévaluation du marché s’explique par la croissance rapide de l’activité cloud d’Oracle et par les dépenses élevées engagées pour son expansion. Selon les résultats définitifs de l’exercice 2026, le chiffre d’affaires de l’entreprise a progressé de 21 % sur un an pour atteindre 19,2 milliards de dollars. Les revenus de l’activité cloud ont notamment augmenté de 47 %, à 9,9 milliards de dollars, tandis que les revenus issus de l’infrastructure cloud ont bondi de 93 %.

Dans le même temps, Oracle a enregistré des résultats impressionnants en matière de contrats structurés qui ne sont pas encore totalement intégrés aux états financiers. Il s’est avéré que le volume de ces contrats avait augmenté de 363 % en un an, pour atteindre 638 milliards de dollars. Toutefois, la construction et le développement d’une infrastructure d’intelligence artificielle nécessitent des investissements en capital considérables.

Investissements et risques futurs

En raison de ses investissements massifs dans l’extension de ses capacités cloud, Oracle a terminé l’exercice 2026 avec un flux de trésorerie disponible négatif de 23,7 milliards de dollars. En l’espace d’un an, l’entreprise a levé 43 milliards de dollars de dette et 5 milliards de dollars de capitaux propres. Elle prévoit également de lever près de 40 milliards de dollars supplémentaires au cours de l’exercice 2027 par le biais d’instruments de dette et de capitaux propres.

Le principal problème d’Oracle aujourd’hui n’est pas l’absence de demande pour ses capacités cloud, mais sa capacité à transformer un portefeuille de contrats massif en revenus réels, alors qu’elle doit financer en permanence la construction de centres de données. La hausse du coût de la dette pourrait peser sur l’économie de l’expansion, même si l’entreprise maintient son rythme de croissance dans le cloud.

Pour les entreprises clientes, cette situation signifie avant tout qu’il faut prendre en compte les risques à long terme liés à la dépendance envers un fournisseur unique d’infrastructure cloud. Les contrats importants conclus avec des fournisseurs cloud nécessitent d’évaluer attentivement non seulement les prix et les performances, mais aussi les délais de mise en service des capacités, la stabilité des services et la possibilité de passer à des solutions alternatives.

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