Le gilet spécial AstroRad contre les radiations a été testé

Pour les vols spatiaux habités de longue durée au-delà de la magnétosphère terrestre, les rayonnements ionisants constituent l’un des principaux dangers. Les événements solaires protoniques peuvent notamment augmenter brutalement et de manière imprévisible la dose de radiation reçue par les astronautes. ixbt.com Selon ixbt.com, un groupe international de scientifiques a évalué pour la première fois l’efficacité d’un dispositif portable de protection contre les radiations destiné aux vols spatiaux lointains : le gilet AstroRad. Cette information est rapportée par Ixbt.com.
Développé par les entreprises StemRad et Lockheed Martin, ce gilet vise à protéger les organes humains les plus sensibles aux radiations, plutôt qu’à recouvrir toute la coque du vaisseau spatial de matériaux lourds. Sa structure est principalement constituée de polyéthylène haute densité contenant de l’hydrogène. Pour assurer la flexibilité du matériau, les spécialistes l’ont divisé en segments hexagonaux de différentes tailles. La version testée pesait environ 26 kilogrammes.
Essais spatiaux et modélisation mathématique
Ce dispositif de protection a été testé lors de la mission inhabitée Artemis I réalisée en 2022. Deux « fantômes » anthropomorphes, Helga et Zohar, simulant des tissus humains, avaient été installés dans la cabine du vaisseau Orion. L’un portait le gilet AstroRad, tandis que l’autre était laissé sans protection. Aucun événement solaire intense n’ayant été observé pendant le vol, les scientifiques se sont appuyés sur les données recueillies lors du passage du vaisseau à travers les ceintures de radiation de Van Allen pour créer un modèle spécifique de rayonnement à l’aide de la méthode de Monte-Carlo.Selon les calculs obtenus, dans le scénario d’une forte tempête solaire survenue en août 1972, AstroRad a permis de réduire la dose de radiation effective jusqu’à 60 % (de 222,3 mZv à 87,5 mZv). Toutefois, lors d’un événement solaire d’octobre 1989, caractérisé par un spectre énergétique plus intense, le niveau de protection a atteint 38,5 %, car les particules de haute énergie pénètrent plus profondément dans le matériau. Malgré cela, le gilet a contribué à maintenir l’exposition sous les limites de sécurité fixées par la NASA.
Avantages pratiques et perspectives
L’effet du gilet s’est clairement manifesté au niveau de certains organes du corps humain. Dans le scénario de 1972, la dose de radiation a diminué de 75 % au niveau du thorax, de 66 % au niveau de l’estomac, de 65 % au niveau du côlon et de 61 % au niveau des poumons. En revanche, le cerveau n’a pratiquement pas bénéficié de cette protection : la réduction n’a été que de 3 %. Cela correspond parfaitement au concept du gilet, qui cible en priorité les organes vitaux les plus vulnérables aux radiations.AstroRad n’est pas conçu pour lutter contre les rayonnements cosmiques galactiques permanents et est considéré uniquement comme une mesure d’urgence à utiliser pendant les heures dangereuses d’une tempête solaire. Contrairement aux abris spéciaux contre les radiations installés à bord des vaisseaux spatiaux, ce gilet permet aux astronautes de se déplacer dans les zones opérationnelles du vaisseau et de poursuivre leurs tâches. Les ingénieurs ont actuellement réussi à réduire la masse du gilet à 16 kilogrammes et travaillent à l’alléger davantage.
















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